• Savoir-faire : Sanderson et ses papiers peints à l'anglaise

    Depuis cent cinquante ans, l'éditeur et fabricant anglais de papiers peints et de tissus nous séduit en revisitant ses archives. Visite, à Londres, dans les ateliers et au studio de création.

    Par Pascale Thuillant - Photos : Sophie Lloyd (avril 2011), site Arts et Décoration

     

    En 1860, Arthur Sanderson fonde l'entreprise qui porte son nom. Il se contente alors d'importer des produits français. Son créneau ? Le haut de gamme, des panoramiques et les papiers gaufrés imitant le cuir. Le succès aidant, il commande et fait imprimer ses propres dessins en Angleterre. En 1879, il ouvre une première manufacture de papier peint. Quarante ans plus tard, il se lance dans la fabrication de tissu. Sanderson - qui deviendra fournisseur officiel de Georges V - fait appel à des créateurs réputés comme l'architecte et peintre Voysey.

    Machine d'impression au cylindre, dite aussi impression traditionnelle. Ce procédé d'impression en relief, à partir de rouleaux fixés sur un grand tambour, a été mis au point vers 1840. Chaque rouleau correspond à une couleur. Le papier, ici "Honeysuccle" enduit d'une fine pellicule de kaolin blanc passe successivement sous chaque cylindre.

     

     

     

     

     

     

    Créé en 1890 son "Squirrel&Dove", avec oiseau perché près de son nid et écureuil en contrebas est ressorti dans la collection Vintage en 2010 pour fêter les 150 ans de la maison. A l'instar des fleurs dans le goût Art déco ou des très botaniques "Early Tulips", ou encore des motifs Art optique des années 1960, le "Vovsey" a été travaillé dans le studio de création pour être interprété dans de nouvelles couleurs. En janvier 2011, c'était au tour des années 1950, plus que jamais au cœur des tendances, de faire leur come-back avec des dessins abstraits et des couleurs vives ou acidulées.

    Le travail en interne de création du studio Sanderson se nourrit des archives. De nombreuses recherches et essais sont nécessaires pour mettre au point de nouveaux motifs.

     

     

     

    En mars, Sanderson fête l'anniversaire qui marquera les 150 ans de la fondation de la Morris&C°, rachetée en 1940. Les modèles et les planches d'impression conçus par le chef de file du mouvement Arts and Crafts, dans les années 1900, étaient alors venus grossir ses archives.

     

     

     

     

     


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  • Une maison où le gris vous sourit

    Partis en Touraine, célèbre pour sa douceur de vivre, Virginie et Jean-Marc y ont trouvé leur maison. Ils l’ont voulue radieuse et tranquille, reflet d’une sérénité retrouvée.

    Par Virginie Cantais et Béatrice Fauroux / Photos Germain Suignard, Campagne Décoration (Avril 2011)

     

    Un univers de chineurs

    Le salon regorge des trouvailles de Virginie et Jean-Marc. Cheminée du XVIIIe siècle à trumeau doré. Paravent (Le Trousseau d’Anath). Lampadaire (Coquecigrues). Vases (Collections Regards).

    Les propriétaires ont toujours aimé chiner et sont grands amateurs de meubles, de préférence patinés à l’ancienne. Dans les environs de leur belle demeure ou lors de leurs pérégrinations dans d’autres régions, Virginie et Jean-Marc sillonnent vide-greniers et brocantes en quête de mobiliers et de bibelots dans l’esprit gustavien qu’ils affectionnent. Peu à peu, au fil de leurs trouvailles, Jean-Marc restaure lui-même leurs trésors et Virginie les patine avec les peintures de son amie Ludwine Ruvio qui a créé sa propre gamme de peintures « Patines, ficelle et chocolat ». Un travail de patience que Virginie maîtrise bien : poncer soigneusement un meuble, lui donner ses différents apprêts, sa teinte finale et enfin sa finition… tout un art ! Miroirs, pieds de lampe, chaises, cabriolets, comtoise, meubles de métier... se fondent en une symphonie de pastel grèges et marrons.

     

    Un soupçon d’orangé

    Seul le tapis apporte une tonalité chaude au coin salon. Meuble d’herboriste patiné gris. Lampe (Chaumette).

    Ce couple d’esthètes, en quête de douceur et de tranquillité, s’est pris de passion pour une belle demeure datant de la fin XIXe , aux proportions harmonieuses, idéalement nichée au creux de vallons plantés de vignes. « Lorsque nous avons aperçu la façade de la maison en pierre de tuffeau, surmontée de riches moulures, depuis une petite route menant aux vergers et coteaux de vignes, nous avons su que c’était elle », se souvient Jean- Marc. Dans ce havre de paix, le temps s’arrêterait, loin des villes et de leur frénésie...

     

     

    Menu fraîcheur

    Les harmonies de gris et de blanc se complètent à la perfection autour d’une table où sera servi un repas qu’on imagine délicat. Vaisselle (Collection Regards). Couronne de fleurs (Le Monde de Rose). OEil-de-boeuf « Impostures » (Koziel).

    La réhabilitation est menée de main de maître, en l’espace de quelques mois, avec le concours d’artisans de la région. Virginie, décoratrice de métier, veut imprimer charme et douceur dans toute la maison et décide de l’habiller dans un esprit gustavien. Toute la palette des tons de gris, du taupe au gris perle, en passant par le gris souris et le blanc nuage, ornent les murs de la maison et son décor textile : couvre-lits, tapis, linge de table, coussins et rideaux... « Le gris gomme les différences et facilite les mélanges de styles. De plus, je souhaitais faire entrer la lumière dans la maison, et mettre en relief l’originalité de certains meubles », indique Virginie. Ces teintes discrètement passéistes se fondent admirablement dans le style architectural de la maison qui retrouve sa douceur de vivre d’antan.

    Tout s’habille !

    Même la porte de la cuisine est ornée d’un fronton et d’un rideau portière ! Buste (Jean-Baptiste Astier de Villatte, Collection Regards).

    Le rez-de-chaussée, comme souvent dans les constructions de cette époque, est desservi par un long couloir distribuant plusieurs pièces, dont un élégant salon et une superbe pièce à vivre s’ouvrant sur le jardin. L’idée a été de casser la linéarité de ce couloir en le ponctuant d’ objets décoratifs et de mobilier. La pièce principale, habilement restructurée, permet de profiter pleinement de l’espace et de la lumière, tout en conservant une dimension intime. Pour y parvenir, Virginie a créé plusieurs petits univers décoratifs qui restituent la poésie d’un temps révolu. Le regard se pose sur des objets tous différents qui exhalent grâce et douceur chacun à leur façon.

    Virginie et Jean-Marc apprécient pleinement leur nouvel havre et y reçoivent leurs voisins et amis, dont l’heureuse nature est à l’image des paysages de cette région. Un autre grand écrivain, Rousseau, en témoignait déjà à l’époque : « Je songeais à la Touraine où j’avais déjà été et qui me plaisait beaucoup, tant pour la douceur du climat que pour celle des habitants » Nul doute qu’il se serait plu ici…

     

     

     

     

     

    Goûter à deux

    Une pause romantique à souhait dans la cuisine. Porte-couverts (Coquecigrues). Tableaux « Thé ou café » (Trois soeurs et un frère). Lampe (Clémentine Créations). Habit de chaises (Trousseau d’Anath).

     

     

     

     

     

     

    Des beiges si nature

    La chambre se partage en deux parties grâce à un drapé de linge ancien monogrammé. Deux persiennes patinées, chinées dans une brocante, font office de tête de lit et, au fond, un lit en fer forgé habillé de gros traversins fait une charmante petite banquette.

     

     

     

     

     

     

    Sur un nuage

    Un lit ancien en métal est richement orné d’un boutis (Pomax) et d’un ciel-de-lit. (Le Monde de Rose). Édredon (Le Trousseau d’Anath).

    Virginie, très inspirée par l’âme de Ronsard qui doit flotter au-dessus de sa demeure, parsème son intérieur de roses, d’hortensias, de pivoines et de lierre habilement mis en scène sur de petits guéridons, des embrasses de rideaux et dans des vases posés çà et là, en attente du décor du jour. Ces touches de couleur ravivent les camaïeux de gris en leur donnant une touche de sophistication.

     

     

     

    Le confort à l’ancienne

    Virginie souhaitait retrouver l’élégante sobriété d’antan : linges anciens, bois brut, vasque en faïence, table de lingère, flacons (Côté Bastide).

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Une maison très raffinée à Maison-Laffitte

    Amoureuse du XVIIe siècle, Sophie a marié bois bruts et patinés aux accessoires raffinés pour donner à sa maison de Maison-Laffitte un air discrètement sophistiqué...

    Par Michèle Lalande / Photos Gilles Trillard / Texte Gwendolyn El Atreby (septembre 2010), Campagne Décoration.

    Lorsque Sophie et Philippe découvrent l’Écurie du Cheval de bronze, un lieu mythique à Maison-Laffitte, ils voient au-delà du mauvais état des bâtiments, la possibilité d’y concrétiser leurs rêves.

    Antiquaire et propriétaire de la boutique « Au Temps des Cerises », à Saint-Germain-en-Laye, Sophie est à la recherche d’un bel endroit pour mettre en scène les ventes d’antiquités qu’elle organise régulièrement. Philippe, instructeur et cavalier de concours, voudrait créer une écurie de propriétaires où il pourrait entraîner chevaux et cavaliers pour les concours hippiques.

    Après dix ans de négociations et d’attente, ils en deviennent les propriétaires.

     

    S’appuyant sur des photos d’époque, ils s’attachent à retrouver les matériaux et les couleurs d’origine.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Houssés de blanc, les canapés de style différents se marient sans souci. La table basse, composée de simples planches en bois brut, contraste avec le raffinement du tapis de style Aubusson. Patinée, la bibliothèque XVIIIe gagne en légèreté.

     

     

     

     

     

     

     

    Parée d’un camaïeu de beiges, garnie de meubles patinés et de belles boiseries, la maison offre aujourd’hui le charme et l’élégance propre au XVIIIe siècle et au style gustavien que Sophie aime par-dessus tout.

     

     

     

     

     

     

    Des tomettes de récupération recouvrent le sol d’origine en terre battue de la vaste cuisine qui fait aussi office de salle à manger.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Côté salle à manger, une table gustavienne s’entoure de chaises provençales. Un lustre à pampilles apporte de l’éclat à cet ensemble.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le gris de la tôle des luminaires a inspiré le ton prune des rideaux qui cachent les rangements sous le plan de travail. Habillé, tout comme la crédence, d’un carrelage ancien récupéré, il accroît l’authenticité du décor. Un oeil-de-boeuf crée des effets de perspective. Cuisinière La Cornue.

     

     

     

     

     

     

     

    Des volets récupérés dans un château ferment les placards de la cuisine. Pour plus de légèreté, la porte a été grillagée et non pas vitrée. Table hollandaise, chaise suédoise.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Un royaume de couleurs

    Kathleen aime tout à la fois : les voyages et l’esprit XVIIIe siècle, la fantaisie et la symétrie… Les teintes douces ou flashy. Chez elle, cette femme de goûts s’autorise tout.

     

    En faisant le choix de s’installer en Belgique et en ville pour permettre à ses enfants de poursuivre leurs études, Kathleen excluait d’emblée le classique trois-quatre pièces en enfilade. Ce qu'elle voulait recréer, c'était l'esprit maison de famille de ses précédentes habitations situées à la campagne. Et disposer d’un espace suffisamment animé pour s'exprimer à travers une déco multistyles, reflet de ses constants déplacements et de sa passion pour la brocante. À l’impossible, nul n’est tenu… sauf elle! Son rêve se révèle enfin sous la forme d’une maison de quatre étages, à large façade, qui recèle d’étonnantes potentialités : de hauts plafonds, de grandes baies vitrées, des moulures anciennes, une ample cage d'escalier et des paliers démesurés…

    Une distribution atypique des pièces lui permet de savourer à l’avance tout le parti qu’elle pourra en tirer… L’entrée dans cette nouvelle demeure se fait en plusieurs temps, promesse de bien des surprises : derrière le porche de la façade, un sas d’entrée, puis une porte à doubles battants ouvrant sur un hall de marbre, au décor exotique et onirique. Où est-on vraiment? De part et d'autre du hall, deux grandes et belles pièces où Kathleen a choisi d’installer la cuisine –qui se trouvait encore dans les caves – et la salle à manger, réservant l'étage aux salons. Une disposition peu conventionnelle qui a permis de faire de la cuisine, à elle seule, un petit appartement. Organisée autour d'un îlot central, elle joue les séjours, avec de hauts placards lambrissés, des lumières tamisées, des couleurs chaudes et même des canapés douillets!

     

    Un nuageux turquoise. Aux murs berce le salon depuis si longtemps… C’était sans compter avec le peps de Kathleen qui l’a associé avec d’opulents rideaux rouge vif (Kenzo).

     

     

     

     

     

     

     

    Pétillante sophistication. Le vert olive un peu triste des murs d'origine a été transformé en un vert légèrement anisé soutenu par de fins filets dorés. Il se marie à ravir au rose, couleur de séduction et de féminité… Chaise Louis XVI. Meuble cannelé de Frantz Hemeleers.

     

     

     

     

     

     

    Dans la «Family room», tapissée de bois clair, place au naturel : on y joue, on écoute de la musique et on pioche à loisir dans la magnifique bibliothèque faite sur mesure.

     

     

     

     

     

     

     

    L’escalier en chêne naturel décapé, d’une lumineuse simplicité.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un boudoir rose poudré pour petite fille en fleurs.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Domaine réservé. La suite parentale à l’étage comprend chambre, dressing et salle de bains, en un seul tenant jalonné par des arches indiennes en bois sculpté. La commode a été trouvée au bord d’une route en Espagne ! Tableau de Valérie Chrétien.

     

     

     

     

     

     

    La beauté n’est pas mirage dans ce salon de bains d’une élégante préciosité. Près d’une cheminée, la baignoire en marqueterie accueille une vasque Médicis ouvragée et le majesteux lavabo-coiffeuse expose d’exquises fioles.

     

     

     

     

     

     

     

    Reportage réalisé par Viviane Eeman. Photos Mireille Roobaert
    Campagne Décoration N°62 Mars-Avril 2010

     


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